Le blog littéraire
Chili-France de Patricio Armando SANCHEZ
http://poesie.webnet.fr/vospoemes/2925/liste.html
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Le blog littéraire
Chili-France de Patricio Armando SANCHEZ
http://poesie.webnet.fr/vospoemes/2925/liste.html
C’était le fils d’un tortionnaire,
de ceux qui se promènent
librement dans les rues du Chili.
La concierge lui avait laissé
grandes ouvertes les portes
d’une luxueuse villa.
Le festin se prolongeait
- d’après les témoins -
jusqu’à l’aube.
Et la cire des candélabres en argent
tachait étrangement la nappe blanche.
(Rien
ne ferait changer le hibou de sa branche).
Par une fenêtre nous observions
surpris les belles coupes en cristal,
et les nombreux tableaux
accrochés sur les murs.
(Un vieux sage m’a dit un jour :
« tu écriras toute une vie
de poèmes d’amour ou de révolte,
sans jamais voir un copihue
blanc sur la neige brûlée »).
© Patricio Armando Sanchez
A Pablo Neruda
Sans nom. Survivant dans le mutisme de l’œil. Brisé © Patricio Armando Sanchez
Par la stridence de la vie, je suis debout,
Comme un peuplier austral.
Pour l’instant, je me dresse contre les falaises du néant.
Evoluant comme une pierre sans patrie. Maudit.
Enveloppé d’insultes et prêt à pardonner le bruit
De la pluie tombant sur l’eau.
La terre tremble sous mes pieds d’argile.
Je bouge mes bras. Je respire.
Il est temps de construire des ponts, des sentiers,
Des passages.
Tu es nulle part.
Nous devons reconstruire ces murs.
Le brouillard, comme une vague obscure nous emporte.
Aucun mot.
Aucun visage pour annoncer le jour.
Et ta colère féroce sous une comète de jade.
Rues absentes.
Odeur de poêle qui suinte dans ta mémoire d’enfant.
Les arbres sont brisés dans une forêt innommable.
Tu chantes donc, le rien. Le squelette de la feuille.
Le silence.
Les maisons sont vides comme un gant endormi.
Il faut admettre que la vie n’est pas partout souveraine.
Bâtir un mur en papier comme on construit une maison.
Seule la parole est importante.
Seul le geste est nécessaire.
La paupière ouverte.
La main tendue.
L’espoir.
La joie est un dilemme lorsque nous découvrons le jour.
Le criminel s’en va.
Son ombre passe, ancrée en nous, amoindrie, inaccessible.
Sur les ruines du néant, l’herbe pousse.
Et se faufile à travers nos yeux,
L’ombre.
C’est la fin.
Egorgés, les hommes meurent encore.
La ville disparaît.
Nous devrons nous souvenir.
Je reviens vers toi, à travers cette déchirure sans fin.
Ton visage sourit lorsque je touche ces cendres.
Dans la plaie de ta voix disparaît l’orage.
Sur ces murs fissurés nous bâtirons une ville.
quand le ciel prend la fuite
je te donne mon chapeau
soleil vert
du printemps
je t’apporte l’espoir
© Patricio Armando Sanchez, Copyright-France
à Gabriela Mistral
Paupière rouge, © Patricio Armando Sanchez, Copyright-France
ton miroir
c’est le jour.
Dans l’immensité des Andes
les hommes te cherchent
sur les arbres
jusqu’à perdre la raison.
Je parle des nuages
et des rivières invisibles
à l’œil.
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